COMMUNIQUÉS

ASSOCIATION DES OPTOMÉTRISTES DU QUÉBEC

13 Février 2018

Retrait des optométristes de la RAMQ : réponse de l’AOQ au ministre Barrette

Montréal, le 13 février 2018 – Àla suite de l’annonce de l’Association des optométristes du Québec (AOQ) du 7 février sur le retrait de 90 % des optométristes du régime public, le ministre de la Santé et des Service sociaux (MSSS) a tenu des propos pour le moins surprenants.

« La menace terrible des optométristes de se retirer du régime public est injustifiée, les optométristes doivent faire preuve de patience », selon le Dr Gaétan Barrette.

Réponse de l’AOQ : la non-participation n’est pas une menace, mais un fait. Les optométristes ont été très, très patients. Avec une entente échue depuis avril 2015, l’AOQ n’a été invitée à déposer ses demandes qu’en février 2017 et a contacté sans relâche le MSSS pour avoir un retour.

« Le dépôt des offres n’a eu lieu que le 12 décembre dernier, dix mois après le dépôt de nos demandes; des offres dérisoires – en deçà de l’indice des prix à la consommation – nous ont été proposées alors que nous demandions depuis 15 ans un rattrapage important basé sur l’augmentation des coûts d’exploitation », a souligné Dr Steven Carrier, optométriste et président de l’Association des optométristes du Québec. Il faut savoir qu’au cours des 30 dernières années ces coûts ont augmenté trois fois plus que nos honoraires de la RAMQ. Conséquemment, les formulaires de non-participation de nos membres sont au bureau de la RAMQ et c’est la loi qui exige un délai de 30 jours avant l’entrée en vigueur de la non-participation, soit le 9 mars.

« On a eu deux séances de négociation. Et là, on est rendu au retrait », selon le Dr Barrette.

Réponse de l’AOQ : c’est plutôt quatre rencontres que nous avons eues et non deux. Par ailleurs, ce n’est pas le nombre de rencontres qui est significatif mais plutôt le fait que le MSSS refuse de déposer de nouvelles offres. Lors de la dernière rencontre, le 17 janvier, il était entendu que le gouvernement allait revenir avec des offres monétaires. Puis, plus rien. Hier, le 12 février, le gouvernement nous a proposé encore une fois une rencontre sur des sujets périphériques sans offre sur la tarification; rencontre que nous avons donc refusée.

« Les optométristes refusent d’ouvrir leurs livres, leurs demandes sont déraisonnables », a ajouté le Dr Barrette.

Réponse de l’AOQ : c’est faux. Justement, en 2012, n’ayant pas de données économiques agréées entre les deux parties, nous avons convenu avec le MSSS de faire une étude conjointe sur les frais d’exploitation des optométristes et ce, par une firme comptable indépendante. Les livres des optométristes ont été grand ouverts pour cette étude et le rapport de la firme comptable en 2013 a démontré qu’un patient RAMQ rapportait 0,20 $ par visite à l’optométriste. En 2018, les consultations couvertes par la RAMQ nous coûtent de l’argent. Le MSSS ignore maintenant cette étude qu’il a commandée avec l’AOQ et dont il a accepté la méthodologie et les résultats il y a cinq ans.

Et finalement : « Les optométristes profitent de l’année électorale », affirme le ministre.

Réponse de l’AOQ : au contraire, toute la chronologie des événements et les gestes que nous avons posés démontrent que nous avons tout fait pour régler en 2017, mais le MSSS nous a ignorés.

« Nous sommes bien conscients de l’impact de notre décision, a déclaré Dr Steven Carrier. Nous regrettons d’avoir dû poser ce geste, mais le refus du gouvernement de nous compenser adéquatement nous y oblige. Le gouvernement est le maître d’œuvre de notre système de santé, c’est à lui de décider s’il veut compter sur les optométristes ou non, la balle est dans son camp. Quant à la menace du ministre d’une loi pour empêcher les optométristes d’exercer leur droit à la non-participation reconnu par la loi, nous osons espérer qu’il n’ira pas jusque là et, le cas échéant, nous contesterons devant les tribunaux ».

À propos de l’Association des optométristes du Québec

Fondée en 1966, l’Association des optométristes du Québec (AOQ) représente les intérêts sociaux, économiques et professionnels de ses 1400 membres. Elle fait aussi mieux connaître le rôle des optométristes, et mène des campagnes de sensibilisation auprès du grand public sur la santé des yeux et de la vision. Facilement accessibles partout au Québec, les optométristes jouent un rôle critique de première ligne pour détecter, traiter et prévenir les troubles visuels et certaines maladies oculaires